A LIRE !! ARTICLE INTERESSANT EXPLIQUANT LE MAL DE DOS, ECRIT PAR UN MEDECIN OSTEOPATHE. Contactez


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POUR EN FINIR AVEC LE MAL DE DOS

Le médecin ostéopathe et acupuncteur, Dr Gilles Mondoloni nous parle du mal du siècle, le mal de dos. Il prône un traitement global pour prévenir et guérir de ce mal. Les habitudes de vie, le stress ou l'alimentation sont aussi responsables.

Dr Gilles Mondoloni.

LE FIGARO MAGAZINE - Pourquoi souffre-t-on du dos?

Dr Gilles MONDOLONI - Parce que nous sommes de plus en plus sédentaires, nous faisons peu de sport et ce déconditionnement à l'effort a pour effet d'affaiblir les muscles. Il y a aussi les postures inadéquates et une alimentation favorable à la prise de poids et nuisible aux articulations. De plus, nous vivons avec un stress répété qui participe à la survenue du mal de dos et à sa chronicisation. Enfin, il y a l'usure des disques et des articulations consécutive au vieillissement… L'état de notre dos reflète notre hygiène de vie et notre santé psychique et physique.

Toutes les tranches d'âges sont affectées, des enfants aux seniors…

Les enfants et les adolescents peuvent ressentir des douleurs dans le dos dues à une croissance rapide et à la pratique de sports intenses. Il s'agit le plus souvent de spondylolisthésis, ce qui correspond à une petite fracture de la dernière vertèbre lombaire suivie de son glissement sur celle située au-dessous. Lorsque les douleurs se situent en haut du dos, derrière les omoplates, ce peut être la maladie de Scheuermann, laquelle se caractérise par une altération des disques. Elle se traite notamment par des exercices de rééducation.

Et quels sont les problèmes les plus fréquents chez l'adulte?

Eux souffrent de discopathies. Les problèmes de disques dont font partie les lumbagos (fissure du disque intervertébral), les hernies discales (déplacement d'une partie des disques intervertébraux) et les sciatiques (compression d'un nerf) apparaissent autour de la quarantaine. Le senior, lui, sera atteint plus souvent d'arthrose, ce qui entraînera des douleurs localisées dans le dos et limitera ses mouvements. Mais il faut savoir que les maux de dos les plus fréquents sont les tensions musculaires, souvent liées à des facteurs de stress et à des mauvaises positions lesquels vont provoquer des contractions musculaires qui vont bloquer des pans entiers du rachis.

Comment diagnostiquez-vous l'origine d'un mal de dos?

Je commence par questionner mon patient sur ses antécédents, sur sa manière de vivre, sur les circonstances d'apparition de ses douleurs, sur le cheminement de son mal de dos. Ce qui me permet de connaître son hygiène de vie, ses faiblesses et les causes probables de son mal de dos. Puis je l'examine. En croisant les informations obtenues par l'interrogatoire et l'examen clinique, et sans recourir systématiquement à des radios, scanners ou IRM, j'aboutis à un diagnostic précis. Ceci est fondamental: on ne doit pas traiter un mal de dos sans en connaître précisément la cause. La plupart du temps, le mal provient d'un ensemble de facteurs où se mêlent les habitudes de vie, l'émotionnel, l'alimentation. C'est une erreur que de ne s'attacher qu'aux symptômes. On doit considérer le patient comme un tout et soigner autant la cause que la conséquence du mal.

Comment les facteurs psychologiques, le stress ou l'anxiété agissent-ils sur le dos?

Il y a différentes explications. Les muscles sont riches en terminaisons nerveuses, et lorsque le cerveau «en situation de stress», transmet trop d'informations aux nerfs, ils se trouvent alors saturés. Le muscle va y répondre par une crispation, une contraction musculaire, qui peut être la cause d'une douleur locale ou d'une douleur projetée. Et l'état de stress chronique favorise les poussées inflammatoires sur les articulations par la libération dans le sang de substances inflammatoires. Il suffit d'avoir un peu d'arthrose et d'être stressé pour que les articulations se mettent à exprimer une souffrance.

Le déconditionnement à l'effort affaiblit les muscles.

Comment soignez-vous vos patients?

Je propose toujours une prise en charge globale, avec fréquemment des manipulations lorsqu'il n'y a pas de contre-indications. Elles sont très efficaces, en particulier pour soigner les cervicalgies, dorsalgies et lombalgies communes, lesquelles sont liées à l'usure d'un disque entre les vertèbres, à l'arthrose ou à des tensions musculaires ou ligamentaires. Lorsqu'il y a une inflammation dans le dos (poussée d'arthrose, crise de sciatique...) et si la situation l'exige, je vais prescrire des anti-inflammatoires. Si l'inflammation est de faible intensité, je vais recourir aux oligoéléments, à la phytothérapie, à la micronutrition, à l'acupuncture, qui agit sur la douleur, sur la contracture musculaire mais aussi sur le stress, l'anxiété, la circulation de l'énergie. Cette approche globale, sans effet indésirable, optimise l'efficacité des soins. Pour preuve, des patients en stade préopératoire qui me sont adressés par des neurochirurgiens sont une fois sur deux suffisamment améliorés pour éviter l'opération ou la reporter à plus tard.

Dans quels cas les manipulations sont-elles recommandées et contre-indiquées?

Elles sont incontournables pour traiter les douleurs mécaniques, qu'elles soient cervicales, dorsales ou lombaires. Souvent, ces douleurs apparaissent à l'effort, lorsque la personne est en mouvement, et durent moins d'une demi-heure lorsque l'on se lève le matin. Les manipulations vont permettre de détendre les muscles coincés qui bloquent les articulations. En revanche, les manipulations sont non recommandées voire contre-indiquées en cas de douleurs inflammatoires. Celles-ci surviennent ou persistent au repos et s'installent la nuit, en exigeant plus d'une demi-heure de «dérouillage» le matin. Elles sont aussi contre-indiquées en cas d'ostéoporose, de tumeurs osseuses et d'infection des vertèbres.

Comment bien manipuler?

Cet exercice permet d'étirer les lombaires.

D'abord en restant à l'écoute des sensations et des réactions du patient. Je manipule à contre-sens de la douleur, en partant des zones les moins douloureuses et les moins raides. Les pressions doivent être mesurées, douces, progressives. Et j'ajouterai qu'il faut faire preuve d'une grande prudence au niveau des cervicales. Ce sont des articulations fragiles qui, à la faveur d'une manipulation brutale, peuvent se fissurer et entraîner de rares mais graves accidents vasculaires cérébraux. Théoriquement, les manipulations au niveau des cervicales sont du seul ressort des médecins et doivent être précédées de radios du cou. Avant toute manipulation, il faut exiger un diagnostic médical précis. On ne manipule pas à tout va. Il est indispensable de se renseigner sur la formation suivie par le praticien. Le titre de docteur en médecine est une précaution supplémentaire pour profiter au mieux des bienfaits des manipulations sans s'exposer à des risques.

Jambes tendues, posez une jambe sur un objet en hauteur, une chaise par exemple.

Quelle différence entre l'ostéopathie et la chiropractie?

Ce sont des techniques proches et complémentaires. La chiropractie est plutôt centrée sur la colonne vertébrale et utilise des techniques généralement plus appuyées. L'ostéopathie a un champ d'action plus large. Elle va traiter l'ensemble des affections neuromusculaires mais aussi des pathologies viscérales. Les deux méthodes sont efficaces. C'est le thérapeute qui fait la différence. Or beaucoup ne sont pas suffisamment formés, ce qui jette un discrédit sur ces disciplines tout à fait nobles.

Cherchez à toucher le pied sans plier les jambes.

Que pensez-vous des méthodes de Mézières ou de Mc Kenzie?

La méthode Mc Kenzie consiste à faire travailler la colonne vertébrale en extension et donne des résultats intéressants. La méthode Mézières est une technique de rééducation qui opère sur l'ensemble de la musculature du corps. Chaque approche est pertinente. Elles visent à corriger les déséquilibres et à tonifier les muscles.

Quels sont les gestes et postures à privilégier?

Pour commencer, il est nécessaire d'adopter des gestes souples et d'avoir le réflexe de se tenir droit le plus souvent possible. Lorsque l'on se penche au sol pour ramasser un objet lourd, il faut utiliser la position du balancier. On prend appui en mettant une main sur un point fixe et on lève la jambe opposée en arrière pour tenir l'équilibre. Les charges lourdes doivent être portées au plus près du corps, au niveau du centre de gravité. En position debout, il s'agit de répartir le poids du corps sur les deux jambes, en gardant les pieds suffisamment écartés pour maintenir une bonne stabilité. Ces simples postures suffisent à économiser les muscles et les articulations.

Vous affirmez que l'alimentation joue un rôle dans le mal de dos. Dans quelle mesure?

Déjà, être en surpoids ne peut qu'aggraver les maux de dos ou les provoquer parce que les kilos en trop entraînent une plus forte pression du corps sur les vertèbres et les disques intervertébraux. Mais il faut savoir aussi qu'une carence en oligo-éléments favorise la survenue de discopathies: le disque moins bien nourri aura tendance à se fissurer plus facilement. Par ailleurs, des composés comme les oméga 3 ou des épices comme le curcuma ont des effets anti-inflammatoires naturels qui vont participer à réduire la douleur. Je conseille de limiter les viandes grasses, les fromages, les charcuteries, les viennoiseries et tout ce qui acidifie l'organisme. Evidemment, je recommande d'arrêter le tabac: les études montrent que les personnes qui fument ont plus de douleurs dorsales et lombaires que les non-fumeurs.

Quand faut-il recourir aux médicaments et aux infiltrations?

Je recours aux anti-inflammatoires en cas de sciatique, de lumbago, de névralgie cervico-brachiale… Sinon, je prescris des antalgiques - paracétamol, codéine ou tramadol - en fonction de l'intensité de la douleur, lorsque l'approche ostéopathique et acupuncture ne suffit pas à soulager le patient. Je propose les infiltrations , qui sont efficaces quand elles sont bien utilisées, en cas de fortes poussées inflammatoires d'arthrose ou de sciatiques douloureuses ou paralysantes. Je les prescris rarement pour les lumbagos, car l'ostéopathie suffit à les traiter.

Et quand faut-il recourir à la chirurgie?

Elle est nécessaire dans le cas d'importantes hernies discales qui vont entraîner des douleurs permanentes et intolérables. Mais aussi dans le cas de certaines sciatiques paralysantes, de canal lombaire rétréci ou d'arthrose très invalidante qui étrangle véritablement le nerf… Quand les traitements médicamenteux et naturels ont été bien réalisés pendant suffisamment de temps mais sont restés inefficaces, il faut s'orienter rapidement vers une chirurgie, car un nerf trop comprimé pendant trop longtemps peut parfois ne plus cicatriser et laisser des séquelles comme des paralysies.

Le Dr Gilles Mondoloni est attaché des hôpitaux de Paris (service du Dr Jean-Yves Maigne), chargé d'enseignement en ostéopathie à la faculté de médecine et l'auteur de Stop au mal de dos, à paraître le 5 avril aux éditions Solar.

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